
Grès ou Faïence : Le guide complet pour bien choisir sa vaisselle artisanale
Écrit par Serjaq le 19/12/2025
L'art de la table est bien plus qu'une simple question d'esthétique. C'est un point de rencontre entre l'artisanat ancestral, la chimie des matériaux et nos rituels quotidiens. Pourtant, face à une étagère de tasses ou d'assiettes, une question revient souvent : quelle est la différence réelle entre le grès et la faïence ?
Derrière ces deux noms se cachent des processus de fabrication, des résistances et des philosophies de vie opposées. Chez Serjaq, nous avons fait le choix radical du grès. Dans ce guide exhaustif, nous allons plonger au cœur de la terre pour vous aider à comprendre pourquoi le choix de votre céramique impacte non seulement la longévité de votre vaisselle, mais aussi votre santé et votre plaisir sensoriel au quotidien.
Comprendre la céramique : Un voyage au cœur de la terre et du feu
Avant d'opposer le grès à la faïence, il est essentiel de comprendre ce qu'est la céramique. Le mot vient du grec keramos, qui signifie "argile". Toute céramique naît de la rencontre entre la terre, l'eau et le feu. Cependant, selon la composition de la terre et la température à laquelle on la soumet, le résultat final change du tout au tout.
Le cycle de fabrication
Toute pièce de vaisselle traverse plusieurs étapes critiques :
Le façonnage : Le tournage ou le modelage de la terre crue.
Le séchage : Une étape lente où l'eau s'évapore, rendant la pièce fragile comme du verre.
La première cuisson (le biscuit) : Généralement autour de 900°C, elle rend la pièce manipulable.
L'émaillage : L'application d'une couche vitreuse (la couleur et la protection).
La seconde cuisson : C'est ici que le destin de l'objet bascule entre faïence et grès.
La Faïence : La délicatesse de la basse température
La faïence est historiquement la céramique la plus répandue dans nos placards, notamment grâce aux célèbres manufactures de Quimper ou de Gien.
Une technique de "basse température"
La faïence est cuite entre 950°C et 1050°C. À cette température, la terre ne fusionne pas totalement. Elle reste ce que les céramistes appellent "poreuse". Si vous plongiez une pièce de faïence non émaillée dans l'eau, elle l'absorberait comme un buvard.
La dépendance absolue à l'émail
Puisque la terre elle-même reste fragile et perméable, l'émail (la couche de verre qui recouvre l'objet) joue un rôle vital. Ce n'est pas seulement un habit de lumière, c'est une armure.
Hygiène : Sans émail, les bactéries et les graisses s'infiltreraient dans les pores de la terre.
Fragilité : L'émail de la faïence est plus sujet au "tressaillage" (ces micro-fissures qui apparaissent avec le temps). Une fois fissurée, la faïence perd son étanchéité.
Pourquoi la faïence séduit-elle encore ?
Malgré sa fragilité, elle offre une palette de couleurs éclatantes. Les pigments supportent mieux les basses températures. Elle est aussi plus légère, ce qui peut être un avantage pour de grands services de table. Cependant, pour un usage intensif et moderne, ses limites apparaissent vite.
Le Grès : La force tranquille de la haute température
À l'opposé, le grès est une céramique dite de "haute température", cuite entre 1250°C et 1300°C. Ce n'est pas qu'une simple différence de thermostat, c'est une transformation moléculaire.
Le miracle de la vitrification
Lors de cette cuisson intense, la silice contenue dans l'argile fond et vient combler les vides entre les molécules. La terre se densifie, se rétracte et devient vitrifiée. Le résultat ? Même sans émail, le grès est naturellement étanche. C'est une roche artificielle, extrêmement dure et résistante.
Les piliers du grès Serjaq :
Une porosité quasi nulle : Moins de 1% d'absorption d'eau. C'est la garantie d'une vaisselle saine qui ne retient aucune odeur, même après des années.
Résistance aux chocs : Plus dense, le grès s'ébrèche beaucoup moins facilement que la faïence ou la porcelaine fine.
L'esthétique du naturel : Le grès contient souvent des oxydes métalliques naturels (comme le fer) qui créent des mouchetures et des nuances de couleurs uniques à la cuisson.
Sécurité alimentaire et Santé : Le revers de la médaille
C'est un sujet souvent passé sous silence, mais crucial. La sécurité de votre vaisselle dépend de la stabilité de son émail.
Le risque des métaux lourds
Dans la céramique de basse température (faïence), on utilise parfois des fondants pour aider l'émail à fondre à 1000°C. Historiquement, le plomb et le cadmium étaient monnaie courante. Bien que les réglementations européennes soient aujourd'hui très strictes, la méfiance reste de mise sur les productions industrielles à bas coût ou très anciennes.
La stabilité du Grès
Le grès, cuit à haute température, nécessite des émaux qui sont par nature plus stables. À 1280°C, la fusion est telle que les éléments chimiques sont "emprisonnés" dans une structure vitreuse extrêmement solide. Chez Serjaq, nous poussons cette logique plus loin en privilégiant des émaux simples, dont nous maîtrisons la composition, pour garantir une innocuité totale.
Pourquoi Serjaq a choisi le grès brut ?
Pour nous, le grès n'est pas qu'un choix technique, c'est une philosophie esthétique : le minimalisme sensoriel.
Le contraste des textures
Une pièce Serjaq comme la cafinette se reconnaît souvent à son jeu de textures. Nous aimons laisser l'extérieur de nos tasses et bols brut, sans émail.
Le toucher : Vous sentez le grain de la terre, la chaleur de la cuisson. C'est une expérience tactile que la faïence, toujours recouverte de verre, ne peut offrir.
La prise en main : La texture mate du grès brut offre une adhérence naturelle, idéale pour une prise en main sécurisante.
Une vaisselle "Vivante" mais Inaltérable
Le grès brut ne craint rien. Contrairement aux idées reçues, il ne se tache pas (grâce à la vitrification dont nous avons parlé). Il se patine légèrement avec le temps, racontant l'histoire de vos moments de vie, sans jamais perdre ses propriétés mécaniques.
Guide pratique : Bien vivre avec sa céramique au quotidien
Avoir de la belle vaisselle est une chose, savoir l'entretenir en est une autre. Voici comment le grès simplifie votre vie par rapport à la faïence.
Lave-vaisselle et Micro-ondes
Le grès est le roi du quotidien :
Micro-ondes : Sa densité lui permet de ne pas surchauffer (contrairement à certaines faïences poreuses qui emprisonnent l'humidité et deviennent brûlantes alors que votre café reste froid).
Lave-vaisselle : Le grès supporte les cycles répétés et les détergents agressifs sans que son émail ne se ternisse.
Le choc thermique : le point faible de la faïence
Si vous versez de l'eau bouillante dans un bol en faïence très froid, vous risquez de l'entendre "chanter" : c'est l'émail qui craquelle. Le grès, plus homogène et solide, tolère beaucoup mieux ces variations de température.
L'impact écologique : Acheter moins, acheter mieux
Dans un monde de consommation rapide, le choix du grès s'inscrit dans une démarche de durabilité.
Longévité : Une assiette en grès peut traverser les décennies. Elle ne s'écaillera pas au moindre choc contre le robinet.
Ressources : En choisissant des pièces artisanales locales comme celles de Serjaq, vous soutenez un circuit court et une production qui ne parcourt pas la moitié du globe dans des conteneurs.
Énergie : Si la cuisson du grès demande plus d'énergie (car plus chaude), sa durée de vie compense largement cet investissement initial par rapport à une vaisselle jetable ou fragile qu'il faut remplacer tous les deux ans.
Comment reconnaître le grès de la faïence en un coup d'œil ?
Si vous chinez ou si vous voulez identifier votre vaisselle actuelle, voici trois tests simples :
Le test du son : Tapotez doucement le rebord d'une assiette avec un ongle. La faïence produit un son sourd et mat. Le grès, grâce à sa densité vitreuse, produit un son clair et cristallin, presque comme une cloche.
Le test du pied : Retournez l'objet. La partie non émaillée (le "talon") est-elle blanche et un peu rugueuse ? C'est souvent de la faïence. Est-elle grise, brune ou beige, très dure et lisse au toucher ? C'est du grès.
Le test du poids : À volume égal, le grès est souvent plus lourd que la faïence car la matière est plus compacte.
Conclusion : Le choix de l'essentiel
Choisir entre le grès et la faïence, c'est décider de la place que vous accordez aux objets dans votre vie. La faïence a ses charmes et son histoire, mais elle appartient souvent à une époque où la vaisselle était un apparat délicat que l'on sortait pour les grandes occasions.
Le grès, tel que nous le travaillons chez Serjaq, appartient au présent et au futur. C'est une matière honnête, robuste, qui ne triche pas. Elle est faite pour être touchée, utilisée, aimée chaque jour, du petit-déjeuner pressé au dîner qui s'éternise. En privilégiant le grès, vous faites le choix de la sérénité alimentaire, de la durabilité et d'une beauté brute qui ne craint pas le passage du temps.
